26.11.2007
BANLIEUE .
La France n'est pas aux français, elle est aux riches qui la pillent
Lundi 26 Novembre 2007 - 14:45
Deux ans depuis que deux adolescents de quinze à dix-sept ans traqués par la police trouvaient la mort dans l'arc électrique d'un transformateur. Trois semaines de révoltes, 10 000 voitures brûlées, près de 3000 jeunes interpellés. L'embrasement avait mis les banlieues au centre de la vie française. Elles sont retournées à leur place, dirait-on. Pour le moment elles ne dérangent plus ou de loin en loin. Un gosse tué par un chien, un incendie dramatique, quelques voitures en feu et l'on reparle des banlieues aux infos, comme de territoires aux confins des villes.
La réalité est tout autre. Les banlieues, la banlieue dans toutes les villes de France, c'est la vie de millions de foyers, c'est « la vraie vie des vrais gens » et il en est, comme en Seine Saint Denis – l'un des départements les plus pauvres du pays, c'est vrai...- qui refusent les visions misérabilistes, qui mettent en avant la création, le travail, le désir d'entreprendre, la culture. Qui ne voient pas la jeunesse comme un problème mais la voient comme l'avenir.
Sauf que les banlieues, deux ans après et selon les mots des maires rassemblés au sein de l'association Ville et banlieue, sont absents « de toutes les priorités affichées par le gouvernement ». Oh, il y a une secrétaire d'Etat à la Politique de la ville, et la nomination à ce poste de Fadela Amara, la présidente de Ni putes ni soumises a été une belle annonce. Belle annonce encore que celle d'un « plan Marshall » pour les jeunes. On se pince quand on lit ce qu'il en est. Sur l'emploi, il faut bien sûr activer « tous les dispositifs », activer « tous les leviers » mais l'objectif, c'est « tolérance zéro pour la glandouille ». Sur l'éducation, il faut enseigner aux enfants les valeurs de la République et « je souhaite consacrer une journée à l'éducation au respect, comme nous avons une journée pour la Fête de la musique ».
Donc le chômage, massif chez les jeunes, les discriminations à l'embauche selon que l'on vient de Neuilly ou de Clichy, que l'on s'appelle Paul-Antoine ou Ahmed, c'est « la glandouille ». La formation, l'éducation, c'est apprendre le respect – et une journée par an – quand la réalité, c'est celle d'une société qui, 365 jours par an, ne respecte pas une partie de ses membres en termes de droit au travail, à un logement décent, à un salaire correct, à une école dotée des moyens suffisants, à des services publics proches et de qualité.
Voilà quelques mois, un élu de droite de banlieue se définissait avec colère comme « une serpillière de la République ». Avec ces « propositions » qui ne sont pas autre chose que du Sarkozy dans le texte, il aura une serpillière à fleurs. Rien d'autre.
Car c'est même l'inverse. Non seulement en deux ans rien de concret n'a été fait mais la dotation de solidarité urbaine qui permet aux communes les plus défavorisées de faire face à une partie de leurs charges sera cette année inférieure de 30 millions d'euros à ce qui avait été annoncé, en en faisant grand cas, par Borloo quand il lançait en 2006 son plan de cohésion sociale. Lequel Borloo a depuis oublié la banlieue, tout à son enthousiasme environnemental. Les banlieues ne sont pas une question relevant de l'environnement.
En revanche elles sont, semble-t-il, un terrain propice aux provocations. On se souvient des mots incendiaires. Racaille, Karcher. Plus récemment le président de l'UMP accusait les élus communistes de maintenir leurs villes dans la pauvreté pour garder leur électorat. Etonnant, tout de même, de s'en prendre à ceux qui, avec d'autres, sont au plus près des habitants, de leurs difficultés. Mais peut-être ce gouvernement n'a-t-il cure de la situation des banlieues. Au contraire. Le libéralisme, le sarkozysme vont à l'opposé des solidarités, du service public, du sens de l'intérêt général. Ils désintègrent pour régner.
Sauf que les banlieues, deux ans après et selon les mots des maires rassemblés au sein de l'association Ville et banlieue, sont absents « de toutes les priorités affichées par le gouvernement ». Oh, il y a une secrétaire d'Etat à la Politique de la ville, et la nomination à ce poste de Fadela Amara, la présidente de Ni putes ni soumises a été une belle annonce. Belle annonce encore que celle d'un « plan Marshall » pour les jeunes. On se pince quand on lit ce qu'il en est. Sur l'emploi, il faut bien sûr activer « tous les dispositifs », activer « tous les leviers » mais l'objectif, c'est « tolérance zéro pour la glandouille ». Sur l'éducation, il faut enseigner aux enfants les valeurs de la République et « je souhaite consacrer une journée à l'éducation au respect, comme nous avons une journée pour la Fête de la musique ».
Donc le chômage, massif chez les jeunes, les discriminations à l'embauche selon que l'on vient de Neuilly ou de Clichy, que l'on s'appelle Paul-Antoine ou Ahmed, c'est « la glandouille ». La formation, l'éducation, c'est apprendre le respect – et une journée par an – quand la réalité, c'est celle d'une société qui, 365 jours par an, ne respecte pas une partie de ses membres en termes de droit au travail, à un logement décent, à un salaire correct, à une école dotée des moyens suffisants, à des services publics proches et de qualité.
Voilà quelques mois, un élu de droite de banlieue se définissait avec colère comme « une serpillière de la République ». Avec ces « propositions » qui ne sont pas autre chose que du Sarkozy dans le texte, il aura une serpillière à fleurs. Rien d'autre.
Car c'est même l'inverse. Non seulement en deux ans rien de concret n'a été fait mais la dotation de solidarité urbaine qui permet aux communes les plus défavorisées de faire face à une partie de leurs charges sera cette année inférieure de 30 millions d'euros à ce qui avait été annoncé, en en faisant grand cas, par Borloo quand il lançait en 2006 son plan de cohésion sociale. Lequel Borloo a depuis oublié la banlieue, tout à son enthousiasme environnemental. Les banlieues ne sont pas une question relevant de l'environnement.
En revanche elles sont, semble-t-il, un terrain propice aux provocations. On se souvient des mots incendiaires. Racaille, Karcher. Plus récemment le président de l'UMP accusait les élus communistes de maintenir leurs villes dans la pauvreté pour garder leur électorat. Etonnant, tout de même, de s'en prendre à ceux qui, avec d'autres, sont au plus près des habitants, de leurs difficultés. Mais peut-être ce gouvernement n'a-t-il cure de la situation des banlieues. Au contraire. Le libéralisme, le sarkozysme vont à l'opposé des solidarités, du service public, du sens de l'intérêt général. Ils désintègrent pour régner.
21:27 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note












Commentaires
Très joli coup de colère dans le forme et tellement vrai sur le fond.
Écrit par : lydie | 29.11.2007
Vous êtes un beau phraseur qui semble meconnaître la banlieu. Votre vison idylique est celle d'un demagogue, comme la revolution francaise en a connu, et qui vire au plus mauvais des tortionnaires sur fond de "c'est les rcihes qui pillent".
A moins que vous soyez tout simplement ... jeunes.
Écrit par : Paul | 29.11.2007
Tout est service public, solidarité à Cuba. Rien n'y est "libéral" et pourtant ils connaissent eux aussi des emeutes ... etrange histoire non ?
Écrit par : Paul | 29.11.2007
Que c'est triste !
Dites moi pourquoi, monsieur le donneur de lecon, dans la ville communiste depuis la libération qu'est Saint-Denis, la municipalité n'a de cesse que de construire du logement "social", sous les gouvernements de gauche comme sous ceux de droite, depuis plus de 30 ans !
La raison est évidente : si au lieu de construire les barres et les tours sur les anciennes friches industrielles, on avait construit des zones pavillonaires ou de l'accession a la propriété dans de jolis immeubles de 3 étages ...QUI AURAIENT ETE LES NOUVEAUX OCCUPANTS ?
A me lire, je sais que vous connaissez la réponse : des parisiens stressés heureux de se rapprocher du parc de la Courneuve, employes ou cadres moyens qui y auraient investi les années d'économie, et qui auraient drainé de l'activité quatidienne pour les commerces locaux. assuré la mixité sociale en ville comme dans les écoles publiques... MAIS CES GENS NE VOTENT PLUS DEPUIS LONGTEMPS POUR LE PC !
Alors, monsieur Braouezec et M Pailard préfèrent du logement "social" qui permet de parquer soit des immigrés recents qui ne peuvent voter, soit toujours plus d'exclus du marché immobilier. et ceux dependant des minima sociaux,( pour lesquels l'intervention municipale est souvent requise). Ils vont etre le réservoir de la longue tradition d'electoralisme menée par le parti communiste.
Soyons sérieux, une ville équilibrée doit se rapprocher des moyennes régionales, inciter ceux qui ne sont pas là à venir se joindre a la communauté, Equilibrer ce n'est pas empiler comme autant d'echecs futurs les membres d'une même couche ethno-socio-culturelle dans du "social".
Oui, messieurs les maires de banlieue, diversifiez par le haut vos populations nouvelles, pour être élu, il vous faudra alors convaincre et non plus "acheter" les voix des plus fragiles!
Écrit par : André | 29.11.2007
Les commentaires sont fermés.