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27/04/2008

Quel avenir pour le port de Dunkerque ?


Il y a 16 ans, en 1992, pour liquider la loi du 6 septembre 1947, qui garantissait l’emploi des ouvriers dockers, le patronat portuaire et le gouvernement de l’époque évoquèrent les trop nombreuses grèves et le monopole de la CGT qui, selon eux, plombaient la fiabilité du port de Dunkerque et faisaient fuir les clients. Il fallait, rappeler vous, réformer et faire entrer les dockers dans le droit commun et les entreprises privées pour sauver le port.

Sans s’arrêter sur la façon dont cette réforme portuaire fut mise en place (ce n’est pas la peine de remuer le couteau dans la plaie), il est important, au moment où Sarkozy s’apprête à  pousser cette logique libérale jusqu’au bout, de faire le point aujourd’hui sur la situation du port de Dunkerque.

Tout d’abord et malgré que le port de Dunkerque n’ait plus connu un seul jour de grève depuis 16 ans, l’activité de celui-ci ne s’est guère améliorer, au contraire. Pour preuve deux éléments :

Le premier c’est  l’effectif dockers qui a fondu comme neige au soleil. En effet, sur les 1100 dockers qui existaient en 1992 il reste aujourd’hui :

 

-          170 dockers (titulaire de la carte « G ») qui disparaîtront à l’horizon 2012 avec les départs en retraite.

-          100 dockers mensualisés

-          50 à 150 intérimaires suivant l’activité

 

Le deuxième élément c’est le développement du trafic et notamment celui du containers qui devait résulter de cette réforme mais qui n’est pas au rendez vous. On stagne toujours à 200 000 boîtes et on a même vu Maersk quitter Dunkerque en début d’année.  

 

Ça ne fonctionne pas ! On continue !

 

C’est ce que semble nous dire le patronat portuaire et le gouvernement actuel face au fiasco que représente la réforme de 1992. Enfermer dans leur logique libérale ils ont trouvé aujourd’hui de nouveaux responsables. Ce sont les salariés des Ports Autonomes et plus particulièrement les grutiers et les portiqueurs. 

Accédant au souhait du MEDEF, Nicolas SARKOZY vient d’annoncer la transformation du statut public des Ports Autonomes en Société Anonyme.

Cette privatisation serait partielle.

A la partie publique les fonctions dites régaliennes ; gestion du foncier, planification, sécurité, etc. ; c’est-à-dire ce qui coûte mais ne rapporte rien.

Aux entreprises privées les fonctions commerciales ; c’est-à-dire celles  qui rapportent des dividendes aux actionnaires.

 

Soyons sérieux

 

Les pertes de marché des ports Français ne proviennent pas des statuts des personnels qu’ils soient dockers ou salariés des Ports Autonomes mais du manque d’investissement.

En effet, depuis 35 ans le trafic des containers s’est développé de façon exponentielle dans le monde entier. Ce nouveau mode de transport a exigé une adaptation des ports : grues, portiques, quais spéciaux, infrastructures fluviales et ferroviaires… autant d’investissements qui n’ont pas été réalisés contrairement à nos voisins Belges et Hollandais. Il suffit de se rendre à 60 km de chez nous, à Zeebrugge pour s’en rendre compte. Dès 1977 ce port a entrepris des investissements colossaux qui se poursuivent encore aujourd’hui. Le résultat : le port de Zeebrugge a multiplié son trafic par 10 en l’espace de 25 ans. Il est passé d’un nombre de containers identique à celui de Dunkerque en 1992 à plus de 1,5 Million aujourd’hui.

D’ailleurs le gouvernement, par la voix de son premier ministre François FILLON, ne vient il pas de reconnaître cette réalité en annonçant prochainement  « un ambitieux plan d’investissement » pour les ports Français.

Intox pour mieux faire passer la pilule ou réalité ?

 

L’avenir des ports Français ne passe pas par un désengagement de l’état

 

Aussi, en transférant les quais, les terminaux, les grues, les portiques... et les personnels des Ports Autonomes aux entreprises privées le gouvernement choisi l'intérêt particuliers des chargeurs, des armateurs et des groupes financiers, dont ils dépendent,  au détriment de l'intérêt général.

Au-delà ce projet veut imposer la concurrence entre nos ports et les ports des pays voisins en tirant vers le bas les coûts salariaux pour toujours mieux servir la rentabilité financière.

Peut être verra-t-on demain, comme actuellement dans la réparation navale, des salariés Polonais venir travailler sur les quais dans des conditions d’un autre âge. A moins que les libéraux voient là l’occasion de reprendre l’offensive pour imposer l’auto-assistance !

 

Manutentionnaires, salariés du remorquage, du pilotage, du lamanage… La maîtrise  publique  des ports n’est pas un frein à leurs développements, au contraire ! Elle est la garantie de leur essor !

 

Ensemble, réfléchissons à un projet ambitieux pour le port de Dunkerque et refusons sa privatisation !

21:56 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Bonjour
Je suis le fils de Maurice Guérout.
Je souhaite attirer votre attention sur le décès de Maurice Guérout.
Il était membre de votre cellule depuis mai 68 ainsi que délégué du personnel au"pad" .
Il sera enterré au cimetière de petite synthe le vendredi 7 Juin vers 11h00
Suite à l'enterrement religieux à 9h30 en l'église Saint Jean Batiste d'Oudezeele
Il pourra aussi être visité aujourd'hui de 15h00 à 18h00 :
192, rue de wylder 59670 OUDEZEELE
fraternellement
Guérout Dominique

Écrit par : Guérout Dominique | 06/06/2013

Les commentaires sont fermés.

 
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