Départ pour Paris en fin d'après-midi. Retour à Bordeaux lundi soir. De nouveau Paris mardi. En Béarn mercredi pour accueillir Gérard Boulanger. Autant dire que mon bilan carbone va en prendre un sacré coup dès le début de semaine.

Je profite de ce moment de pause pour revenir sur la photo du funiculaire publiée dans le billet du 9 janvier. Suite à la sollicitation de trois internautes, j'ai retrouvé des informations sur cet équipement dans l'ouvrage "Autrefois Pau" de Paul Mirat ( Edition Atlantica).

funiculaire_2.jpg A Pau, la montée vers le centre ville a toujours posé problème. Dès 1874, l'idée d'un ascenseur est évoqué puis, en 1900, celle d'une rampe mobile. En juillet 1905, le maire Henri Faisans signe une convention avec un entrepreneur bordelais qui installe un funiculaire électrique qui monte jusqu'à la place de la Petite Provence. Malgré les attaques, dont celle d'un comité pour la protection des sites qui fulmine contre «  cette horreur de ferraille suspendue dans les airs », il entre en service le samedi 15 février 1908 à sept heures du matin.

Dans les années 50, les voyageurs paient dix centimes et les départs ont lieu toutes les deux minutes au son d'une petite corne de brume bien connue des Palois, petite évocation du Cor, poème inspiré par l'endroit à Alfred de Vigny. L'exploitation s'arrête en 1970. La nouvelle équipe municipale d'André Labarrère entreprend la rénovation du site et du matériel. Nouvelle inauguration en février 1978. Il transporte gratuitement chaque année des milliers de personnes, 7 jours sur 7.

Depuis mes années étudiantes, j'ai une fidélité : la lecture des textes, aujourd'hui des éditos, de Jean-Claude Guillebaud. La livraison dominicale dans les pages de Sud-Ouest Dimanche est toujours un éveil pour l'esprit critique avec un regard très aiguisé sur la société. Une prise de distance face au bruit médiatique. Que nous dit Guillebaud en ce dimanche 17 janvier. "Le malheur et la mort qui dansent leur funèbre sarabande dans les rues de Port-au-Prince nous ramènent à une évidence. celle-ci : nos sociétés - riche, en paix, en sécurité - font partie d'un club minuscule de quelques centaines de millions de personnes, celui des privilégiés de la planète. Or, récemment à Copenhague, le club des nantis s'est montré bien peu solidaire des pays pauvres". Saluant la solidarité mondiale pour Haiti, Guillebaud s'interroge : "combien de temps durera cette sollicitude ? Le risque n'est-il pas de voir, très vite, cette tragédie chassée de l'actualité, perdue de vue comme les autres ?".

Dieu ! que le son du Cor est triste au fond des bois !

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A partir d'un constat que je partage, la question ne peut être aujourd'hui qu'un nouveau mode de développement, d'un développement humain durable. Les désastres sociaux et environnementaux, les guerres, les famines, les poussées de violence, d’autoritarisme, d’exclusion, bref le spectacle du monde tel qu’il va, démontre chaque jour un peu plus que le capitalisme n’est pas en mesure de résoudre cette crise globale, cette crise de civilisation, et qu’il y a urgence à agir en faveur de son dépassement et à inventer l’avenir.